• 1982 - 1992 - Par Jean-Pierre Labaune, Fondateur

En ce mois de Septembre 1982, le ciel et les cœurs ressemblent à la rentrée. Les cartables se remplissent, les souvenirs de vacances s'éloignent, les projets et les bonnes intentions fleurissent.

Pendant ce temps, dans un coin champêtre de Seine-et-Marne, quatre mousquetaires, animés par la passion du ballon ovale, fomentent un complot sur ces terres acquises au jeu de football.

Jean-Pierre Labaune, Daniel Resmond, Daniel Gabay et Jean-François Berthelot viennent de créer le Rugby-Club Thierrypontain et poussent l'audace jusqu'à demander un terrain de jeu à la municipalité de Saint-Fargeau Ponthierry.

Dire que l'accueil fut mitigé aurait déjà constitué pour les fondateurs un encouragement ! Le projet fut mis à l'étude, une commission nommée et la décision remise aux calendes thierrypontaines.

Armés de la foi qui déplace les montagnes, les " hérétiques " poursuivirent leur démarche et connurent bientôt par cœur le chemin menant au bureau de Monsieur le Maire.

Ainsi, pour le mois de Septembre 1983, un terrain fut trouvé. Certes, il devait être partagé avec le club de football, mais une telle proposition ne pouvait se refuser. Naquit de cette façon le fameux terrain de rugby du Puits Beau à Saint-Fargeau.

Les protagonistes décidèrent de consacrer leurs premiers efforts ä la mise en place d'une école de rugby. Publicité, annonces de toute sorte, promotions envahirent la région. Le premier inscrit eut pour nom Alexandre Dumas, ceci ne s'invente pas. Connaissant la vocation du club, on sut très rapidement qu'il s'agissait du fils et non du père. Nos mousquetaires y voyant un signe redoublèrent d'efforts et arrivèrent à rassembler une dizaine de joueurs lors du premier entraînement.

Rapidement, l'équipe minimes se constitua et le premier match eut lieu au Puits Beau contre le R.C Briard. Le premier essai fut marqué par Christophe Martin. La machine était lancée.

Apparurent ensuite, au fil des ans, la section Benjamins, puis la section Poussins, puis la section pré-poussins, les dirigeants décidant de s'arrêter là, de peur d'être contraints à préparer bientôt les biberons !

Les résultats étaient encourageants, le club connu et reconnu.

En 1985, fut décidée la création d'une équipe quelque peu bizarre rassemblant cadets, juniors, quelques seniors, certes jeunes, pour constituer une très officielle équipe Juniors, inscrite dans le championnat régional dans lequel, par accord tacite avec les autres clubs, le contrôle des licences se faisaient toutes lumières éteintes. C'était probablement le bon temps, celui du divertissement, de la passion et probablement d'une part d'inconscience.

Un jour d'hiver où les bonnes volontés avaient été découragées par le brouillard et le samedi soir en avait encore accru l'épaisseur, le président fit le quinzième et joua à l'aile de l'équipe Juniors !

1987 fut sans nul doute une année décisive avec un afflux inattendu de nouveaux joueurs, la bande de Boissise-le-Roi emmenée par Daniel Dubreuil, Philippe Delecourt, Henri Cazes, Jean-Luc Imbert, mais aussi d'autres venus de Moulignon sous la houlette de Huguette et Bernard Letirrand, Patrick Lacresse, Francis Seimandi, ou de Pringy avec Jacques Renaud, sans oublier Maurice Cabaret. Tous ceux que l'on oublie nous le pardonneront.

L'émulation fit des miracles. Plus de 50 jeunes à l 'école de rugby, Du jamais vu ! Il va s'en dire que le terrain de Saint-Fargeau ne voyait plus jamais un ballon rond ! Les résultats furent à la hauteur des espérances avec la participation des Benjamins à la finale du Championnat de Seine et Marne en 1989, après une demi-finale en 1986 avec une autre génération de joueurs.

À l'aube des années 90, le club était structuré, actif, dynamique, souffrant toutefois du départ de " piliers " appelés vers d'autres cieux pour raisons professionnelles.

En 1992, le président, après 10 ans de bons et loyaux services, passa le relais à Daniel Dubreuil. Une nouvelle phase commença avec les premiers balbutiements d'une équipe Seniors, certes folklorique et faisant sienne cette devise, " après le sport, le réconfort ! ". Le déclic de la future équipe Seniors venait de retentir...

 

 

• 1992 - 2000 - Par Philippe Delecourt, Président de 1994 à 2000

Daniel DUBREUIL, qui eut la lourde tâche de succéder en 1992 à Jean-Pierre LABAUNE, fut un Président éclairé : c’est lui qui obtint de la municipalité l’installation de l’éclairage du terrain du Puits-Beau.

Les entraînements des seniors qui, jusque là, se déroulaient le vendredi soir très tard sur le terrain de football prêté par le club de foot de Boissise-le-Roi … et le samedi matin très tôt dans les pubs du canton, purent alors avoir lieu au Puits-Beau et … dans les pubs du canton !

Le quartier général des seniors devint à cette époque, et pour un bon moment, le piano bar de l’Apollonia avec de mémorables soirées karaoké.

Ces entraînements nocturnes attirèrent de nombreux « papas », dont les rejetons formaient le gros des bataillons de l’école de rugby, et ils en arrivèrent à constituer une véritable équipe folklos.
Au fil des années, quelques matches fameux face à des équipes aussi diverses que les « Gersois de Paris », la « Royal Air Force », les italiens de Montebelluna, le « big-bang » d’Agen ou les néerlandais de l’ESTEC de Noordwijk furent prétexte à d’épiques soirées et montrèrent que, quel que soit le résultat des deux premières, la troisième mi-temps était toujours indécise et acharnée…

Une brigade de pom-pom girls fut même mise sur pied par les femmes des joueurs à l’occasion d’un match à Fontainebleau, contre les vétérans locaux. Les encouragements de nos supportrices, toutes de sang et or vêtues, nous donnèrent tant d’ardeur que l’après-midi se termina à l’hôpital pour plusieurs d’entre nous, toujours escortés par notre fan-club en jupettes rayées.

Ce fut le dernier match de Jean-Pierre LABAUNE, fracture de la malléole, et … la première et dernière apparition de nos pom-pom girls : on ne porte pas impunément la poisse à un Président, tout de même !

Vinrent alors les soirées dansantes annuelles : le club avait la chance de compter, parmi ses plus fidèles joueurs et supporters, des membres du groupe de rock’n roll « Système D ». Pendant des années, ce groupe nous fit l’immense plaisir de venir jouer gracieusement lors de nos bals, assurant à chaque fois le succès de ces soirées.

Avec beaucoup de talent, Daniel DELAVAULT, leader de ce groupe de musiciens aimant autant le rugby que le blues, adapta des paroles à la gloire du rugby en général et du club de Ponthierry en particulier, sur des tubes de DUTRONC ou SOUCHON.

C’est ainsi que « Foule sentimentale », rebaptisée « Juste un rugbyman », devint l’hymne chanté à tue-tête chaque vendredi soir dans les vestiaires du stade du Puits-Beau, au point de nous attirer les reproches, pas méchants, des voisins du stade et la visite, débonnaire, de la maréchaussée !

Ces bals, soirées choucroute et autres manifestations du même tonneau étaient certes destinées à faire connaître et apprécier le club, mais aussi à récolter des fonds pour financer les voyages de fin d’année de l’école de rugby, voyages mêlant tourisme et tournois : Lubersac, Brive, le Mont Saint-Michel…

Parmi ces voyages, souvenons-nous d’un fameux tournoi à Ambazac (Limousin) que nos poussins remportèrent de haute volée au nez et à la barbe naissante d’équipes huppées telles que Limoges, St-Léonard des Bois etc. dans une ambiance de folie, la seule équipe parisienne du plateau dominant les équipes locales au grand dam de ces braves limougeauds.

Une anecdote sur le voyage de la fin de saison 1997/98 qui s’est déroulé à Avranches, avec au programme le tournoi de Caen et la traversée à pied de la baie du Mont Saint-Michel : on a failli perdre la femme de Franz, l’un de nos éducateurs, dans les sables mouvants … sans que ça ait l’air d’émouvoir plus que ça le Franz en question ! Les accompagnateurs d’alors en rient encore, n’est-ce pas Eric ?
Les « papas » n’étaient pas en reste, s’offrant eux-aussi des week-ends de « cohésion » : rafting dans les Alpes, quad et cheval dans le Morvan.

Daniel DUBREUIL quitta la région parisienne en 1994 et fut remplacé par Philippe DELECOURT qui, à son tour, pût goûter les plaisirs divers et variés de la présidence : traçage de terrain, lavage de maillots, ramassage de joueurs (et parfois d’entraîneurs…), réunions à la mairie, etc. Vous comprenez pourquoi il est aussi difficile pour un petit club de recruter un Président qu’un 3ème ligne centre de l’équipe de France !

Heureusement, le Président a pu compter sur la secrétaire perpétuelle du club : la très dévouée Huguette LE TIRRAND, qui s’occupe encore aujourd’hui du lavage des maillots.
A l’occasion du jubilé organisé en l’honneur du départ de Daniel, l’imprimeur grava sur la plaque destinée à orner la statuette offerte au Président sortant : « challenge Thierry PONTAIN ».

On décida alors de changer le nom du club qui devint le Rugby-Club Ponthierry ! La décision ne fut pas facile à prendre de sauter le pas d’une simple équipe folklos à une équipe engagée en championnat régional.

Ce fut chose faite pour la saison 1995/96 malgré les réticences du bureau du club, inquiet de l’organisation à mettre en place, du risque de devoir payer les amendes en cas de forfait de l’équipe, etc. Sans compter que le terrain du Puits-Beau était loin d’atteindre les dimensions réglementaires.
C’est Christophe MARTIN (rappelez-vous : le minot qui marqua le 1er essai du club en 1983 !!!) qui devint le coach-entraîneur-sélectionneur de cette équipe constituée de bric et de broc.
Les débuts de saison démarraient fort : longs footings sur les berges de la Seine, entraînements à la néo-zélandaise, combinaisons variées (la « Benoit », la « Arnaud », etc.) et assiduité assurée aux entraînements comme aux matches. Ensuite, au fur et à mesure que la température extérieure baissait, l’enthousiasme tiédissait et les coups de fil de rappel de Bernard LE TIRRAND aux joueurs le dimanche matin se multipliaient pour que la feuille de match ressemble à quelque chose.

Néanmoins, pendant les années où les seniors ont été engagés en 4ème série, aucun match ne fut perdu par forfait, ce qui avait été l’engagement moral du Président envers son bureau.

Oh ! ça a failli plusieurs fois, surtout à l’extérieur et notamment un beau dimanche contre Meudon : nous nous sommes retrouvés là-bas à 12 ou 13 ; après avoir vainement attendu les retardataires perdus dans les vapeurs persistantes de leur fiesta de la veille, nous avons refusé de déclarer forfait et de disputer un match amical grâce au renfort de plusieurs joueurs de Meudon. On a sa fierté tout de même ! On a pris 80 points ce jour là … Pour l’occasion, notre demi de mêlée mesurait 1m92 pour 115 kgs ! C’était Raymond MESTRE, géant au cœur tendre et à l’âme d’enfant, entraîneur des gamins de l’école de rugby pendant de nombreuses années.

Parlons-en, de l’école de rugby, car pendant que leurs pères prenaient cher, les chères petites têtes blondes collectionnaient les exploits :
- 92-93 : poussins champions de Seine-et-Marne
- 93-94 : poussins et benjamins vice-champions de Seine-et-Marne
- 94-95 : benjamins champions de Seine-et-Marne
- 96-97 : accession des minimes au niveau régional A (en entente avec Ballancourt)
- 97-98 : minimes champions d’Ile de France (A2) (en entente avec Ballancourt) face à l’ACBB et finalistes des tournois de Caen et Viry

Parmi ces minots au brillant palmarès, certains ont rejoint des grands clubs et deux d’entre eux évoluent actuellement au plus haut niveau national de leur catégorie : Vincent SOHET (né en 1982) qui joue en REICHEL A au Biarritz-Olympique (vice-champion de France REICHEL A 2003), et Nicolas DELECOURT (né en 1983) qui joue lui aussi en REICHEL A au RC MASSY après avoir été champion de France juniors en juin 2001 et plusieurs fois sélectionné en cadets et juniors Ile-de-France.

Quelle fierté pour notre club, ses entraîneurs et ses dirigeants !

Autre grande satisfaction pour le club : la fidélité de nombreux gamins ayant débuté à l’école de rugby de Ponthierry il y a bien longtemps et qui sont revenus au club pour y jouer en seniors, entre copains, après avoir pour certains fréquenté entre temps d’autres clubs plus prestigieux mais peut-être moins attachants : citons dans le désordre Cyrille LABAUNE (ex-Viry-Chatillon), Jean-François DELECOURT (ex-US-Métro), Benoît DELAVAULT et Daniel PELLAY (ex-Melun), Erwan IBRELISLE (ex-Ballancourt) ; que ceux qui ne sont pas cités ici me pardonnent !

Après deux années de 4ème série et confrontés à des problèmes d’effectifs à la fin de la saison 1996/97 (problème chronique non encore parfaitement résolu aujourd’hui semble t’il…) nos seniors décidèrent de quitter ce championnat et de s’engager dans une compétition d’équipes folklos : le bien nommé challenge « rugby-cassoulet ».

Le nom de guerre de l’équipe ? « Les belles paires » !

Le nom de certains de nos adversaires : « Les gaulois de Pantin », « Les matons de Fresnes », « Les vieux crampons de Melun », etc.

Et ainsi allait la vie du club, de promesses de la mairie toujours renouvelées mais rarement tenues (nous devons avoir les vestiaires les plus modestes de tous les clubs de la région…) en forums annuels des associations, grâce à la persévérante implication des dirigeants bénévoles et, souvent, de leurs épouses.

N’oublions pas non plus les quelques rares sponsors qui ont soutenu le club ; parmi eux, il faut distinguer Claude AROT qui, le cœur toujours sur la main, a donné au club plus qu’aucun autre.

En juin 1997, l’un des « piliers » de l’équipe seniors fit son entrée au bureau du club : Eric DELISLE. Il en devint vice-Président l’année suivante avant de finir Président après l’intérim de deux ans assuré par Pascal TRAMONI à partir de juin 2000.